Hildegade De Bingen, son Histoire

Visionnaire depuis sa petite enfance, Hildegarde, devenue religieuse, dut obéir en 1141 à l’injonction d’une voix puissante venant du ciel : «Ecris ce que tu vois et ce que tu entends.». Elle sera ainsi l’auteur d’une œuvre immense et variée, directement inspirée par ses visions. Elle a été reconnue comme une conscience de l’Europe entière. Trois papes successifs ont écouté ses conseils inspirés, ainsi que l’empereur d’Allemagne Frédéric Barberousse, le roi d’Angleterre Henri II…

A partir de 1151, Dieu révéla à sœur Hildegarde, devenue Mère Abbesse à Bingen en Allemagne, une médecine à la portée de tout le monde. Ses conseils, en particulier pour la santé, eurent un grand retentissement au 12e -13e siècle.

 

Corps, âme et esprit

Hildegarde nous donne cette vision de «l’homme total» (corps âme et esprit), en nous conduisant aux sources de la santé. Elle nous enseigne que nous ne pouvons vivre en pleine santé sans retrouver notre unité intérieure. Cette vision de la santé nous conduit donc à considérer l’être humain sous trois aspects : physique, psychique et spirituel.

Le fondement de la médecine de notre abbesse est d’aller toucher ce qui conditionne notre tristesse et notre joie. La santé n’est pas, pour Hildegarde, une absence de maladie, mais une surabondance de vie, une fontaine de Jouvence, l’aptitude au bonheur.

Elle met un accent particulier sur notre relation entre la dimension spirituelle de l’homme et sa santé, où le corps a également son mot à dire : s’il est encombré de pollutions et d’impuretés diverses, il devient opaque et perturbe toute la sphère psychologique, affective ou spirituelle. Cette influence est nette pour la mélancolie qui naît de la bile noire et induit la colère, la négativité, la violence et autres comportements.

 

Les pensées

Sainte Hildegarde nous explique aussi l’influence subtile de nos pensées sur notre santé: alors que des pensées pacifiées maintiennent les humeurs en équilibre, les pensées mauvaises déclenchent des viciations humorales et génèrent de la bile noire. L’âme demeure dans le cœur et laisse entrer et sortir les pensées diverses, des sucs mauvais sont suscités et les envoient jusqu’au cerveau… Par exemple, lorsque l’on a un fort sentiment de jalousie, les vaisseaux se contractent et le cerveau ainsi excité contracte les poumons qui gênent la respiration et la circulation sanguine…

Certains médecins ont montré la corrélation qui existe entre des conflits intérieurs (peur, angoisse…) et la naissance d’un cancer parfois foudroyant.

 

Chants, hymnes et séquences

Pour Hildegarde, la musique est la forme la plus élevée de toute activité humaine, miroir de l’harmonie des sphères et des chœurs angéliques. « L’âme est symphonique, (Scrivias) ; de même que la parole désigne le corps, la symphonie manifeste l’esprit, car l’harmonie céleste annonce la Divinité et la parole annonce l’humanité du Fils. »

Elle compose durant sa vie 77 symphonies, pièces musicales écrites sur ses propres poèmes religieux et destinées à être chantées lors des cérémonies du couvent. Elle a aussi composé un drame liturgique intitulé Ordo virtutum, qui comporte 82 mélodies et qui met en scène les tiraillements de l’âme entre le démon et les vertus.

Ces éléments apportent un sens nouveau de la vocalité et fait de ses œuvres de véritables visions en musique. Les motifs, jamais figés, élèvent l’auditeur par leur fluidité et leur force.

 

(source : https://www.epeautre.net/PBCPPlayer.asp?PW=1&ID=313386)